
Si nous avons décidé de censurer le gouvernement Barnier pour son budget austéritaire, son passage en force par 49.3 et son absence de dialogue avec les forces de gauche de l’hémicycle, nous avons aussi fait le choix d’entamer une négociation exigeante avec le gouvernement Bayrou pour arracher toutes les victoires possibles, et éviter une redite du budget Barnier. Nous restons attachés aux impératifs de justice sociale et écologique portés par les citoyens en juillet dernier. Nous défendons nos services publics, nos collectivités territoriales, nos associations. Mais nous assurons aussi, et surtout, l’intérêt supérieur du pays en le dotant d’un budget.
Alors que nous payons encore le prix de l’instabilité politique créée par Emmanuel Macron avec la dissolution, nous avons fait preuve de responsabilité à l’égard des Français, des associations, des entreprises, des collectivités qui nous demandaient d’avoir un budget même si nous nous accorderons tous sur le fait que c’est un mauvais budget.
Pour autant, grâce au travail des députés et des sénateurs socialistes, nous pouvons saluer quelques avancées ou quelques renoncements qui vont dans le bon sens : celui d’une justice fiscale plus équilibrée, d’un moindre resserrement budgétaire pour les collectivités et de moyen maintenus dans l’éducation, la santé et la transition écologique.

À ce titre, nous avons obtenu du gouvernement Bayrou le renoncement à la suppression des 4000 postes d’enseignants et au déremboursement des consultations chez le médecin et de certains médicaments prévus dans le budget Barnier.
Concernant les collectivités, bien qu’elles ne soient pas responsables de l’endettement public et qu’elles représentent une part faible dans la dépense publique (18 %), se voient imposer une charge budgétaire lourde, mettant en péril leur capacité à agir efficacement pour leur territoire. Ne nous y trompons pas, la loi de finances pour 2025 continue d’imposer des sacrifices importants aux collectivités territoriales.
Certaines mesures comme le maintien des dotations d’investissement sont des avancées, tout comme la CVAE qui ne sera finalement supprimée qu’en 2030 et qui va bénéficier d’une contribution complémentaire pour une recette globale estimée à 4 milliards d’euros.
Néanmoins, ces avancées ne compensent pas les impacts négatifs des autres dispositions. C’est pourquoi je tiens aussi à rappeler que nous n’avons pas voté la censure pour éviter le risque de faire tomber le Gouvernement et de laisser le pays sans budget.
Pour autant, nous n’avons pas non plus voté pour l’ensemble du budget qui fragilise les territoires et compromet leur avenir.
Un avenir qui s’annonce tout aussi sombre en 2025 pour notre industrie. Après une année 2024 marquée par de nombreuses mobilisations sociales dans la Somme contre les fermetures d’usine, cette année encore je serai aux côtés de tous les salariés qui voient leurs emplois menacés par les multinationales qui préfèrent les profits avant les vies. À l’image des 97 salariés de Watts d’Hautvillers-Ouville qui subissent la fermeture de leur site alors que le groupe est bénéficiaire et à qui, je renouvelle tout mon soutien.
Dans la continuité de ma mobilisation sur le terrain, j’ai l’honneur d’avoir été nommé rapporteur d’une mission d’information sur l’avenir de la filière automobile qui débutera ses travaux prochainement. Nous devons mettre tous les moyens en œuvre pour répondre aux enjeux de la filière : transition écologique, productivité et compétitivité afin de conserver nos emplois en France et réussir le pari du tout électrique en Europe en 2035. J’y prendrai toute ma part.

Édito extrait de ma lettre trimestrielle n°16 de février 2025 :